Empathie : outil au service de la relation ou piège relationnel ?

Quelle définition donnez-vous l’empathie ?

L’empathie est souvent présenté comme un prérequis aux métiers, entres autres, de l’accompagnement et de la relation d’aide. Pourtant, en y regardant de plus près, y aurait-il une possible ambiguïté à adopter une telle posture dans nos métiers ?

L’étymologie du mot #empathie signifie « ce que l’on éprouve en dedans ».

Dans la relation d’accompagnement, ce terme est plus usuellement employé pour désigner « la faculté à s’identifier à quelqu’un, de ressentir ce qu’il ressent ». C’est cette vision de l’empathie qui semble mériter un éclairage.

L’empathie nous permet-elle d’approcher de la vérité de l’autre personne ou bien de nos propres limites ?

Si l’empathie est un forme de fusion (se mettre à la place de l’autre), alors comment rester à la « bonne » distance d’observation ? Et inversement, si nous restons à « distance » comment être au contact et offrir la chaleur humaine nécessaire à nos métiers d’accompagnants ?

Nous sommes nombreux à régulièrement se poser cette question de la juste posture et de la juste distance dans nos métiers d’accompagnants.

M. Thierry Tournebise décrypte avec habileté ces questionnements dans son article Les pièges de l’empathie.

Il y détoure les problématiques de posture, de distance et d’affectivité et évoque avec légèreté les nuances subtiles qui, pour lui, sont essentielles à intégrer dans les métiers d’accompagnements. Un recadrage tout en douceur pour trouver toute sa place en son centre dans la relation à l’autre et offrir à l’autre toute sa place à être.

L’empathie vers soi, pour mieux accueillir l’autre

Cet article m’a fait prendre conscience que l’empathie, nous permet de se rapprocher de nous même lorsqu’elle est dirigée vers soi, « ce que l’on éprouve en dedans »). Elle nous en éloigne lorsqu’elle est projetée vers l’extérieur. Tenter de comprendre ce qui est ressenti par l’autre est voué à l’incompréhension car l’interprétation en est subjective. Pour autant, rester à distance ne permet pas d’être au contact pour offrir un terrain propice à la croissance. Il s’agit donc d’être pleinement soi pour venir au contact et rompre la distance. Ainsi la personne accompagnée pourra à son tour exprimer pleinement qui elle est.

Et vous ? Quelle vision avez-vous de l’empathie ? Quelle posture adoptez-vous naturellement ?

Guillaume H.

Guillaume HERVE est Coach, hypnothérapeute et praticien en Maïeusthésie. Il facilite la rencontre de l'Être en Soi. Impliqué dans différentes association locales, il contribue à démocratiser l'accès pour tous à des accompagnements éthiques centrés sur la personne.

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